En mission au Mali : « Les Catalans ont un moral d’acier »

L’Indépendant le 30 avril à 6h00 propos recueilli par Denis Dupont |
De gauche à droite, le capitaine Didier originaire de Perpignan (armée de l'air, contrôleur aérien), le lieutenant Jean-Baptiste, originaire de Néfiach (armée de terre, chef de section compagnie de commandement et de transmission), le général Bernard Barrera, commandant la brigade Serval (armée de terre, commandant la 3e brigade mécanisée, originaire de Perpignan, belle famille à Prats de Mollo, Narbonne), l'adjudant-chef José originaire de Barcelone (armée de terre, chef du secrétariat, 3e brigade mécanisée), le sergent-chef Sébastien, originaire de Thuir (armée de l'air, photographe à l'ECPAD).
De gauche à droite, le capitaine Didier originaire de Perpignan (armée de l’air, contrôleur aérien), le lieutenant Jean-Baptiste, originaire de Néfiach (armée de terre, chef de section compagnie de commandement et de transmission), le général Bernard Barrera, commandant la brigade Serval (armée de terre, commandant la 3e brigade mécanisée, originaire de Perpignan, belle famille à Prats de Mollo, Narbonne), l’adjudant-chef José originaire de Barcelone (armée de terre, chef du secrétariat, 3e brigade mécanisée), le sergent-chef Sébastien, originaire de Thuir (armée de l’air, photographe à l’ECPAD). PHOTO/© D.R

En poste depuis plusieurs mois au Mali, la brigade Serval est commandée par le général perpignanais Barrera. Entretien.Le général Bernard Barrera commandant la brigade Serval au Mali est originaire du département, il pose ici avec les militaires catalans en poste à Gao et a répondu à quelques-unes de nos questions.

Mon général, quelles ont été les conditions matérielles du séjour ? Cette mission aura été celle de tous les records. En premier lieu de température avec une pointe à 64° dans la vallée de l’Amettetaï dans le Nord-Est du Mali. Ensuite celui des élongations qui nous ont conduites sur les pistes maliennes pendant 2500 km et très rapidement nous avons réussi à prendre Gao, Tombouctou, Kidal et Tessalit. Enfin celui de « l’or bleu » car, en 100 jours, nous aurons consommé environ 4 millions de litres d’eau (10 litres par homme et par jour) qu’il aura fallu transporter au plus près des combats et là l’essai a été transformé par le Bataillon logistique au sein duquel il y a certainement des Catalans qui ont relevé ce défi.

Quel est le moral de vos troupes ? Les Catalans, comme tous les hommes de la brigade Serval ont un moral d’acier et je profite de cette opportunité pour leur dire bravo et merci . Bravo parce qu’ils ont fait quelque chose d’extraordinaire, qui les a conduits au bout d’eux-mêmes et qu’ils ont tous répondu présent. Pourtant rien n’était facile. Un climat loin de celui des Pyrénées (50° en moyenne), des distances dignes d’un tour de France dans un pays 5 fois comme notre terre natale. Merci parce qu’ils ont montré ce que l’armée de terre est capable de faire. Comme un seul homme ils ont combattu avec abnégation. Merci aussi parce qu’ils ont présenté l’image d’une seule brigade dépassant leur appartenance à des régiments différents. Leur devise plus que jamais mérité « un seul but la victoire ».

Depuis combien de temps les Catalans sont au Mali et sur Gao ? Les Catalans sont au Mali depuis la mi-janvier pour la plupart. Ils faisaient tous partie des éléments d’alerte Guépard notamment de la 3e Brigade mécanisée de Clermont-Ferrand ou des forces prépositionnées en Afrique. Ils ont donc pu répondre ainsi très rapidement à la demande du Président de la République.

Quelles sont leurs missions ? Je ne citerai pas tous les rôles que chacun des Catalans a joué dans la réussite de cette difficile opération, mais qu’ils soient Catalans, Auvergnats, ou d’une autre région, chacun d’eux est intervenu, au nom de la France, au Mali afin d’aider le gouvernement malien à stopper l’offensive des groupes terroristes, et pour permettre la mise en œuvre des décisions internationales. Les Catalans ont affronté un ennemi difficile et résolu dans un pays aride aux conditions dures, mais c’était sans compter sur la volonté, le courage, la pugnacité des soldats français dont certains portent fièrement le bourricot comme symbole.

Combien y a-t-il de Catalans au Mali ? Le nombre serait difficile sans en oublier, certainement plus d’une centaine si nous comptons nos frères de la brigade parachutiste et ceux du bataillon logistique venus en renfort sceller la victoire avec nous.

Est-ce leur première mission ? Pour la plupart, cette mission n’était pas la première et ne sera peut-être pas la dernière. Chaque mission est différente, mais le point commun de tous, c’est la fierté d’appartenir aux traditions catalanes et de se retrouver pour partager, si loin de notre terre, des souvenirs. Echanger entre nous c’est un peu se rapprocher de notre sol natal et de notre culture.

Quand seront-ils de retour en France ? Pour la plupart d’entre eux, ils retrouveront le sol catalan d’ici à la fin du mois de mai, je sais qu’ils leur tardent de retrouver nos montagnes et pour reprendre les mots de l’adjudant-chef José, qui affiche au compteur 14 opérations extérieures, un autre record « El mas que me ha faltado, es un poquito de jamon y une cerveza SanMiguel ».

Un commando du 1er RPIMa tué au Mali le 29 avril 2013

Au moment où le ministre de la défense présentait le Livre blanc aux responsables civils et militaires de la Défense, un militaire du 1er RPIMa a tué dans le nord-est du Mali. Il s’agit du caporal-chef Stéphane Duval, 32 ans.Au cours d’une mission de reconnaissance, son véhicule léger a sauté sur un engin explosif. Le commando a été tué et deux autres blessés, sans que leur pronostic vital soit engagé. Ce militaire appartenait au détachement des forces spéciales Sabre qui opère dans la région. Il est le 6ème militaire français tué au Mali depuis le début des opérations, en janvier.
In memoriam: caporal-chef Stéphane Duval, du 1er RPIMaduval.jpg Né le 22 août 1980, marié et père de deux enfants, le caporal-chef Stéphane Duval a été tué, lundi, au Mali, dans l’accomplissement de sa mission au service de la France.Il était engagé dans le cadre de l’opération Serval depuis février 2013. Il participait à des opérations de forces spéciales dans le Nord-Est du Mali avec, pour objectif, de rechercher et de détruire les groupes terroristes qui s’y trouveraient encore. Le 29 avril 2013, en début d’après-midi, entre Tin Zaouaten et Boughessa, son véhicule léger a sauté sur un engin explosif, provoquant son décès. Deux de ses camarades ont été blessés.Le Sirpa Terre a communiqué sa biographie:
« Le caporal-chef Stéphane DUVAL aura servi la France durant 11 ans. A 22 ans, il s’engage le 2 avril 2002 au 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (1er RPIMa) à Bayonne. A l’issue d’une brillante formation initiale, il réussit son examen d’opérateur des réseaux mobiles spéciaux. Le 1er juillet 2008, il est affecté au 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa) au Gabon durant deux ans et revient servir dans son régiment d’origine, le 1er RPIMa, le 1er juillet 2010. Le 2 avril 2013, il est promu caporal-chef de 1ère classe. Le caporal-chef DUVAL a effectué de nombreuses missions extérieures au cours desquelles son professionnalisme a été à chaque fois souligné : Gabon en 2004, Guyane en 2007, République de Côte d’Ivoire en 2005 et 2007, Afghanistan en 2003 et 2010 et Burkina Faso en 2011 et 2013. Le 21 février 2012, le caporal-chef DUVAL reçoit une citation à l’ordre de la division, celle-ci comporte l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile d’argent. Déjà engagé au Burkina Faso fin 2011, en qualité d’opérateur radio de la cellule de mise en œuvre tactique, il fait preuve de remarquables qualités militaires pour lesquelles il reçoit une lettre de félicitations. Il est également décoré de la médaille d’outre-mer avec agrafe « République de Côte d’Ivoire », de la médaille d’argent de la défense nationale avec agrafe « troupes aéroportées » et « missions d’assistance extérieure ». »